vendredi 29 juillet 2016

132. Se payer le luxe de lire... Et de ne pas lire !

Bonjour, bonjour !

Si nombreux et nombreuses d'entre vous semblent en vacances en ce moment, pour moi, il faudra attendre, puisque je viens de commencer un nouveau travail.


Alors je vous vois sur les réseaux sociaux, envieuse de vos challenges "1 livre par jour" ou de vos French-read-a-thon, alors que de mon côté, certains jours, je dois lutter pour me dédier une heure de lecture.

Parfois, se payer le luxe de lire, c'est compliqué. Entre le travail, les relations sociales (ah tiens, ça fait au moins deux semaines que je l'ai pas vu, faut qu'on se fasse un resto !), les corvées (faut que je lave mes vitres !), les petits trucs qu'on s'était promis de faire avant une date butoir (j'ai toujours pas fini la saison 1 de Shadowhunter, je sais pas ce que je fous),... Liste non exhaustive à compléter par tout ce qui, jour après jour, vous fait remettre la lecture à plus tard.

Et puis, le soir, on rentre du travail en se disant  "enfin, je peux me mettre au lit avec un livre".  Et soit l'appel de la télévision est trop fort, soit (si vous êtes comme moi et que vous avez des horaires étranges, genre 16h-23h) vous n'avez plus le courage de lire et vous finissez très vite par vous blottir dans les bras de Morphée.

Il y a deux semaines, je me suis surprise à être heureuse de devoir aller chez le médecin, puisqu'avec minimum deux heures en salle d'attente, ça m'assurait un temps de lecture assez confortable durant ma journée.

On court, court après le temps, on se retrouve à anticiper, planifier sa journée à l'heure près pour pouvoir gratter par-ci, par-là, le temps de regarder un épisode d'Orphan Black, d'appeler en coup de vent une amie et de lire un nouveau chapitre de notre lecture en cours.

Souvent, la lecture plaisir apparaît alors comme la valeur ajoutée de sa journée, pas grandement prioritaire sur le reste des tâches à accomplir en 24 heures.

Pourquoi se détendre avec un bon roman ne pourrait-il pas apparaître comme une priorité prioritaire (ouais, carrément) dans notre emploi du temps, à l'image d'aller promener le chien et de nettoyer la salle de bain ?

Grâce à mon bullet journal et son tracker (voir photo), je peux donc suivre la fréquence avec laquelle je fais des activités. Et comme j'ai très envie de pouvoir compléter ma petite case à la fin de la journée, la lecture rentre dans la liste des choses à faire au même titre que mon ménage et la rédaction d'un projet au boulot.

Le problème avec tout ça, c'est qu'en peu de temps, je me suis rendue compte qu'il pouvait m'arriver de me forcer à lire. Parce que oui, je l'admets, OH HONTE A MOI BOOKTUBEUSE ET BLOGUEUSE LITTERAIRE, lire est parfois la dernière activité au monde que j'ai envie de faire, arrivant juste derrière "faire un gâteau aux chenilles" et "aller dire à mon voisin cinglé que ça pue tellement chez lui qu'il empeste le couloir".

Je ne sais pas si c'est une déformation de l'utilisation de ce tracker et l'envie de colorier le petit carré qui me pousse à lire même lorsque je n'en ai pas envie. Des fois, je me demande si ce n'est pas aussi ma position de booktubeuse (contre toute attente, si on veut parler de livres sur YouTube, c'est quand même plus simple en lisant régulièrement *ironie*) qui me met la pression pour dévorer les livres, surtout quand j'observe le rythme de malade de certaines copines de la blogosphère. Ajouter à ça le challenge Goodreads, une Pile à lire qui frôle l'indécence, des amis toujours prêt à te dire "oooooh faudrait trop que tu lises ça" : très vite, tu te retrouves, jour après jour, avec l'obligation cosmique de lire pour ne pas te sentir dépassée par les événements.

Et c'est complètement stupide.

Alors oui, maintenant, j'ai décidé de me payer le luxe de lire dès que j'en ai envie, mes vitres attendront (de toute façon, avec les rideaux, on voit rien, et je vis au premier étage), mes amis attendront (surtout si c'est pour faire un resto, j'ai pas de sous mais des kilos à perdre) et mes séries aussi (elles ne s'évanouiront pas dans la nature si je ne les regarde pas maintenant tout de suite).

Par contre, je me paye aussi le luxe de ne pas lire. Même si je n'ai pas fait un bilan lecture depuis trois semaines, même si mon tracker ressemble à un tableau excel à son ouverture, même si ma mère m'a encore conseillé un énième livre. Parce que oui, des fois, on rêve juste d'une après-midi shopping avec sa soeur, de partir en randonnée avec son père, d'aller au cinéma ou de s'enfoncer dans son canapé comme un phoque hors de l'eau, divaguant sans but sur des chaînes dont on ignorait l'existence.



Aujourd'hui, je lutte pour que la lecture reste un plaisir, même lorsque les sirènes du "tu devrais lire au lieu de pourrir devant ton PC/ta console/ta télé" résonnent dans ma tête. 

Il y a déjà trop d'obligations dans ma vie pour que la lecture en devienne une. Et puis, soyons honnête, l'envie de lire, dévorante, sommeil toujours en moi.... Enfin, disons quatre-vingt pourcents du temps.

Bonnes (non)-lectures à vous !

Fanny

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