samedi 13 août 2016

134 : Harry Potter & the Cursed Child : satisfaisant pour nos âmes nostalgiques ?

Bonjour, bonjour !


Avant d'aller plus loin : article garanti sans spoilers, parce que je suis bien consciente que tout le monde ne va pas le lire en anglais et que nombreux d'entre vous patientent encore pour la sortie en
français.

Lorsque j'étais en CM1 ou CM2, ma mère désespérait de voir à quel point je pouvais lire vite. A l'époque (et heureusement, c'est bien moins le cas aujourd'hui) les livres jeunesse devaient être plutôt courts pour correspondre au public. On était certain que si le livre faisait plus de 100 pages, les enfants allaient prendre peur et partir en courant, direction le rayon BD.

Et un OLNI (Objet Littéraire Non Identifié) est arrivé : Harry Potter à l'école des sorciers. Alors oui, ce tome 1 paraît minuscule quand on voit les tomes suivants, mais je vous assure que pour la petite Fanny âgée de 9-10 ans, c'était déjà énorme. Si j'étais intriguée par cette grande histoire magique, ma mère était surtout séduite par l'idée de faire quelques économies. Si je me souviens bien, quand j'ai commencé Harry Potter, les trois premiers étaient sortis en poche et le quatrième en grand format. Maman pensait acheter des gros livres pas chers qui allaient m'occuper pendant des mois.

Et en fait, non.

Harry Potter a tout de suite été une lecture trépidante : je ne pouvais pas m'empêcher de lire, j'avais besoin, au moins une fois par jour, de me retrouver dans ma petite bulle de Potterhead, retrouver Harry, Ron et Hermione avant qu'ils ne pourrissent à attendre que je tourne une nouvelle page. Je devais leur donner vie en lisant leur histoire, la dessinant devant mes yeux.

A la fin du premier tome, Hermione était déjà ma meilleure amie. Grâce à elle, j'assumais davantage mon côté intello, me rendant compte qu'on pouvait être intelligente (sans porter de lunettes !), courageuse et avoir des amis sur qui compter.

En grandissant, je m'appropriais davantage chaque livre, ses thématiques, ses valeurs et ses émotions : l'amitié, l'amour, la protection de sa famille, le courage, la sincérité, les doutes et la colère de l'adolescence, la lutte pour la justice, le sens de l'effort et du travail, l'importance de la tolérance et de l'ouverture d'esprit ou encore la valeur de la solidarité et de l'esprit d'équipe... Et j'en passe.

Ainsi, comme beaucoup d'entre vous, lorsque j'ai fini le tome 7 de cette saga qui m'aura vu grandir, quelque chose dans mon petit coeur s'est brisé, bien au-delà de mon simple profil de lectrice. Je perdais des amis, je laissais en suspens une histoire dont j'aurais voulu connaître le développement. Qu'allait-il arriver à Harry, Ron et Hermione après tout ça ? Toute cette lutte et ces épreuves ?

Après avoir fait le deuil de cette séparation, je me retrouvais moi, Fanny, ayant passé le cap de la vingtaine, nostalgique d'un roman dont je ne trouvais aucun équivalent. Je relisais mes Harry Potter comme certains relisent leurs classiques. Je m'arrêtais toujours après le tome 5 (mon préféré !) pour ne pas revivre l'affreuse mort du tome 6 et la conclusion du tome 7. Et puis des encyclopédies (des personnages, du livre au film, des créatures magiques, des lieux) sont sorties, satisfaisant mon besoin de retrouver un peu de magie dans ma vie.

Et puis, la sortie de la pièce a été annoncée. J'en palpitais de joie et d'appréhension : on allait retrouver Harry, Ron et Hermione adultes, y avait-il une réelle histoire derrière tout ça ou n'était-ce qu'un prétexte pour de nouvelles rentrées d'argent maintenant que tous les films étaient sortis ?

J'ai donc acheté et lu Harry Potter & the Cursed Child, préparée à le détester et à pleurer de désespoir, en mode "J.K. Rowling pourquoi t'as faiiiiit ça ?"

Heureusement, ça n'a pas été le cas. Si j'ai fait cette longue introduction sur mon expérience de lecture d'Harry Potter, c'était surtout pour que vous compreniez ce que je voulais retrouver avec cette pièce de théâtre. Des valeurs, des sentiments, des émotions, des personnages auxquels je m'étais attachée et que je voulais retrouver. Et tout ça, malgré le changement de format, l'auteur nous l'offre à nouveau.

Dès la première scène, j'ai senti de la chair de poule se dessiner sur mes avant-bras, la gorge nouée. Ils étaient à nouveau là, devant moi. L'écriture était tout aussi visuelle, me permettant d'imaginer tous les personnages dans un environnement réel et palpable, et non pas sur scène de théâtre.

 La famille et l'amitié sont à nouveau au coeur du récit, nous faisant rencontrer une nouvelle génération de Potter Granger Weasley et Malfoy. On prend un petit coup de vieux en se rappelant notre âge quand l'aventure avait commencé, mais ça ne nous empêche pas de nous prendre aussitôt d'affection pour les  nouveaux jeunes personnages principaux.

Harry Potter & the Cursed Child nous permet de retrouver Harry et ses fantômes qui le hantent toujours, tout en rencontrant ses enfants pour qui ce fardeau est tout aussi important. Harry est un père imparfait et on le découvre plus humain que jamais.

Avec plaisir, on découvre le métier de chacun (même si pour moi, on n'a pas assez de nouvelles de Neville, Luna, George et Hagrid) et la situation dans laquelle chacun se trouve. J'ai été particulièrement émue par Malfoy dans ce livre, qui aura aussi eu l'occasion de parler de son passé, de son éducation et de comment il a pu vivre les événements des romans de son côté.

Alors oui, le principal souci, c'est que ça passe très très vite. On s'installe pour le lire et trois heures plus tard (maximum quatre, je pense) on a fini. Clairement, au vue du développement scénaristique de la pièce, elle aurait pu faire un très très bon roman. Avec la qualité des descriptions de J.K Rowling pour nous happer dans son univers magique, je ne doute pas qu'elle aurait pu nous aspirer dans son monde une nouvelle fois.

Harry Potter & the Cursed child fait son job, même s'il aura le défaut de raviver une flamme qu'on s'était attaché à étouffer ("Harry Potter c'est fini, fais toi une raison ! Il n'y aura plus jamais rien comme Harry Potter").

Je vais en profiter pour me plonger dans mon encyclopédie sur les lieux et peut-être, enfin, relire pour la première fois les tomes 6 et 7.

Et puis, avec la sortie des tomes illustrés, la réédition poche chez France Loisirs, la sortie du film the Fantastic Beasts ou encore la création de Funko Pop à l'effigie de nos personnages préférés, il semblerait que les Potterhead auront toujours quelques choses à se mettre sous la dent.

Et c'est tant mieux, car même à 25 ans, je ne suis toujours pas prête à dire "au revoir" à Harry Potter.

Fanny

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