samedi 3 septembre 2016

137. Un été au ciné : le bilan

Bonjour, bonjour !


Après un article sur le retour à l'école la semaine dernière, je vous retrouve aujourd'hui pour tourner la page de l'été avec un bilan cinéma ! J'ai vu six films en juillet-août et j'avais très envie d'en faire un article.


L'été est toujours une période particulière pour les salles obscures. Tout d'abord, lorsqu'il fait trop chaud pour faire quoi que ce soit, on aime se réfugier au ciné pour (quand même) faire une sortie et profiter de la climatisation. Par contre, lorsque le temps n'est pas clément et que l'on se retrouve assailli par les orages d'été, on se pose aussi devant le grand écran, faute de pouvoir aller à la piscine. 

On l'aura bien compris, l'été, en vacances, on a toujours une bonne raison d'aller au cinéma. Sauf la programmation, il faut bien l'avouer. Entre blockbusters, fausses bonnes idées de films débilos et multiplications de films d'animations (forcément, le public des salles de ciné rajeunit pendant les grandes vacances) : il y a de quoi donner une bonne indigestion aux fans du septième art. 

Cependant, lorsque je vois mon bilan de juillet-août, je me dis que j'ai pu voir des films franchement sympas. Trêve d'introduction, parlons films ! 


Des suites pour faire frissonner les adolescents pendant l'été : American Nightmare 3 et Conjuring 2. 

L'été, les lycéens sont en vacances, ils ont la permission de 23 heures, les sorties ciné s'adaptent à ce changement en sortant des films d'horreur pour attirer les plus téméraires d'entre eux. Cette année, pas de prises de risques, on prend les mêmes et on recommence !

American Nightmare 3 sonnait comme la fausse bonne idée. Vous connaissez le concept, pendant une nuit par an tous les citoyens américains peuvent faire ce qu'ils souhaitent sans en payer les conséquences judiciaires (meurtres, vol, casse, viol, liste non exhaustive). Après un huit clos oppressant mené par un Ethan Hawke au top de sa forme, le deuxième film (qui se joue à l'échelle de la ville) avait pris une direction plus politique (le fossé entre les riches et les pauvres, l'oppression de ceux qui ont le pouvoir bla bla bla).

Dans le troisième opus, on se retrouve davantage dans cette lignée, avec une femme politique à sauver car elle affirme sa volonté de mettre fin à la purge si elle passe au pouvoir. Le point positif, c'est de retrouver le personnage masculin principal du deuxième film. Ajoutez à ça des noirs américains entre rébellion et terrorisme (vous avez dit cliché ?), des touristes venant de l'étranger juste pour participer à la purge (une piste mal exploitée) et des pestes horripilantes à souhait (y'a vraiment certains personnages qu'on à envie de voir mourir) et vous avez un American Nightmare 3 qui pourrait vite devenir ennuyeux. Mais il faut le dire, le casting est bon, le rythme nous embarque une fois de plus dans cette nuit effrénée et, même si le concept est connu, James DeMonaco nous fait encore sursauter. Un thriller qui ne nous perd pas dans son message politique, mais capable de faire réfléchir les adolescents rebelles qui se perdent dans les salles obscures durant l'été : j'approuve. 

Après American Nightmare 3, on retrouve Conjuring 2. Oui, en été, on ne prend pas de risque : on développe des franchises, on met tout ça à la sauce reboot ou remake, pour toucher un large public. Mais il faut le dire, avec Conjuring 2, ça fonctionne et ça dépasse même l'original. On retrouve Ed et Lorraine Warren dans un nouveau cas de possession à Londres : toujours des démons, toujours des enfants en panique, toujours une planche Ouja et des portes qui claquent toutes seules. La force de ce film d'horreur, c'est de ne pas se concentrer uniquement sur les victimes. Avec les Warren, les aidants,  James Wan nous permet de poser un autre regard sur la famille hantée. Avec les enfants, notre peur est brute, primaire, instinctive (la peur du noir, de la mort, de l'inconnu). Avec les Warren, notre peur prend du recul, on se rend compte de l'ampleur des conséquences sur la vie de famille, le rapport aux médias ou encore le développement des enfants. Malgré des procédés ma foi peu originaux (les portes qu'on n'arrive plus à ouvrir, les objets qui lévitent, les croix à l'envers), on frissonne (et la nonne démoniaque n'est pas étrangère à ce phénomène).

Après avoir eu les chocottes, on se retrouve face au genre de prédilection de l'été : les blockbuster/reboot. 
Je pense à Ghostbuster, mais c'est Independence Day : Resurgence que j'ai vu. On prend les mêmes et on recommence ! (n'ai-je pas déjà dit ça quelque part ?). Le problème c'est qu'on n'a pas pris les mêmes, justement. Will Smith est absent, terriblement absent, remplacé par une équipe de jeunots pas franchement charismatiques dont l'humour tombe à plat et dont la personnalité est fadasse (voire inexistante). On ne s'attache pas aux petits nouveaux, mais on est content de retrouver David Levinson et le président Whitmore. Et puis, depuis quand regarde t-on un blockbuster pour la psychologie des personnages ? Parce qu'il faut l'admettre, Independence Day fait son job, nous livrant des scènes d'actions dingi dingo, des prises de vue dans le ciel et dans l'espace qui font rêver et des monuments nationaux qui nous pètent à la tronche. Pas de charge émotionnelle (malgré le clin d'oeil à Armageddon que vous aurez peut-être interprété comme moi) parce qu'on sait très bien qu'on quittera la salle avec la petite satisfaction personnelle que les humains ont dézingué la gueule aux aliens. Ha ha ha, bien fait, faces de pets. 

Dans un autre style mais toujours dans le genre "l'été des franchises", on n'a pas retrouvé Will Smith dans Independence Day mais c'était pour le voir dans Suicide Squad. Des méchants qu'on tient en laisse pour sauver le monde (rien que ça) pour un film qui ne manquera pas de peps et de personnages multivitaminés, le tout avec une B.O qui va dans tous les sens pour mieux nous mettre dans l'ambiance. J'ai beaucoup aimé, malgré un montage parfois maladroit. Si vous voulez en savoir plus, je vous invite à lire l'article que j'avais consacré à Suicide Squad le mois dernier.


L'été, avec les reboot et autres suites, c'est aussi l'occasion de ressusciter les morts. J'ai nommé notre cher Jason Bourne, que je ne pensais plus jamais revoir. Ce film a été mon petit plaisir personnel de l'été. Amoureuse depuis mes 11 ans de ce personnage (La mémoire dans la peau a été un des premiers gros films d'action et de castagne que mon père m'a autorisé à venir voir au cinéma avec lui), j'ai sautillé comme une gamine de 5 ans à Disneyland lorsque j'ai appris que mon espion préféré revenait sur grand écran. (Oui, je préfère Jason Bourne à James Bond, vous allez vous en remettre, promis, vous pouvez me lancer quelques cailloux virtuels). La force de ce film, c'est déjà Matt Damon. Le type qui arrive à habiter un personnage même s'il n'a pas une ligne de dialogue pendant dix minutes. Ajoutez à ça Vincent Cassel en ennemi de Bourne et vous avez la preuve que le choc des titans c'est mieux avec 45 années passées. Jason Bourne est tourné avec un réalisme fou, plongé dans l'actualité (l'affaire Snowden, l'espionnage, les nouvelles technologies et les émeutes en Grèce) pour mieux  nous embarquer dans des scènes d'action brute de décoffrage. Bref, si avec tout ça la franchise n'est pas relancée, je pleurs. 

Et enfin, last but not least, on se retrouve avec la surprise de l'été. En effet, en juillet-août, on se retrouve parfois avec la sortie de films qui ont fait du bruit à Cannes. Ca a été le cas avec Dernier train pour Busan, un film coréen avec un train bondé qui fuit une épidémie de zombies. Film très nerveux et très oppressant qui ne rentre pas dans le sensationnalisme des tentatives de blockbuster sauce zombie. Une maîtrise du rythme qui vous fait monter le palpitus tout au long du film, des zombies rapides, désarticulés qui foutent les jetons et (la cerise sur la gâteau) un casting d'êtres humains lambdas aux réactions cohérentes et réalistes qui permettent une identification plus facile : la bande d'adolescents sportifs en route pour une compétition de baseball, l'amoureuse transie, le père, la femme enceinte, l'ouvrier, l'enfoiré égoïste, le suiveur, le protecteur, les soeurs âgées,... Si vous n'avez pas encore vu Dernier train pour Busan, foncez avant que vos salles de cinéma ne le déprogramme par manque de spectateurs !


Voilà, voilà, un été bien sympa vient de se terminer. Ne reste plus qu'à préparer ma rentrée ciné ! Blood Father, Where to Invade Next ?, Les 7 mercenaires, Blair Witch, le retour de Bridget Jones... Y'aura de quoi faire !

Fanny 

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