vendredi 30 septembre 2016

141 : L'épreuve du Ça (le roman que vous devez lire pour Halloween)

Bonjour, bonjour !

Vous connaissez déjà mon amour grandissant pour Stephen King, d'où ma résolution de lire un de ses romans par mois jusqu'à ce que j'ai tout lu (j'ai de la marge).

Cet été, prise d'un élan optimiste de vouloir lire du GROS GROS pavé pendant juillet-août, j'attaquais Ça (ouais, ouais il a dû se marrer le King : "tu lis quoi en ce moment ?" "Ça" "Ça quoiiii ?"). Finalement, j'ai fini le tome 1 en juillet et le tome 2 en septembre.


Pourquoi tout ce délai ? Tout d'abord, préparez-vous ! Ça est éreintant : comme lors d'un marathon, vous continuerez à courir mécaniquement, même si vous ne sentez plus certaines parties de votre corps depuis un bon nombre de kilomètres. Et lorsque vous aurez terminé, non seulement vous serez envahis d'un sentiment intense de fierté (j'ai lu un claaaasssique de King et en plus il était énoooorme) mais vous aurez aussi ce sentiment étrange que, dans votre vie, il y aura définitivement un "avant" et un "après" Ça

Ça, de quoi ça parle ? Afin de ne pas me perdre dans le délirant résumé de plus de 1000 pages de peur à l'état brut, je copie colle ce résumé fort bien réussi, puisqu'il apparaît sur le bouquin lui-même : enfants, dans leur petite ville de Derry, Ben, Eddie, Richie et la petite bande du « Club des ratés », comme ils se désignaient, ont été confrontés à l'horreur absolue Ça, cette chose épouvantable, tapie dans les égouts et capable de déchiqueter vif un garçonnet de six ans... 
Vingt-sept ans plus tard, l'appel de l'un d'entre eux les réunit sur les lieux de leur enfance. Car l'horreur, de nouveau, se déchaîne, comme si elle devait de façon cyclique et régulière frapper la petite cité. 
Entre le passé et le présent, l'enfance et l'âge adulte, l'oubli des terreurs et leur insoutenable retour, l'auteur de Sac d'os nous convie à un fascinant voyage vers le Mal, avec une de ses oeuvres les plus amples et les plus fortes.

Commencer Ça, c'est se retrouver happé dans un monde à part. On retourne dans le passé, tel un petit habitant innocent de Derry, cette ville aux lourd historique. Même si le narrateur nous met bien ce qu'il faut à distance, terrifiant les jeunes personnages chapitre après chapitre, le lecteur se retrouve vite à allumer son halogène parce que la petite lampe sur la table de chevet c'est vraiment, vraiment pas assez

Ça appelle à nos peurs les plus primaires, nous ramenant en enfance, lorsqu'on n'osait pas se lever pour aller aux toilettes au beau milieu de la nuit, lorsque le dessous de notre lit apparaissait tel un gouffre sans fond prêt à abriter un loup-garou ou encore lorsque l'obscurité était un vide sidéral qui pouvait nous engloutir au moindre faux pas. 

L'un des points forts de Ça c'est donc son constant aller-retour entre des scènes du passé (de notre enfance) au présent (l'âge adulte) tout en réveillant en nous les mêmes instincts de survie, la même peur de la mort et du néant. 

Au vue des galères que rencontrent notre Club des Ratés, on s'attache très rapidement à chacun d'entre eux, tout en se gardant le droit d'avoir un préféré (pour moi, ça a été Eddie). Procédé narratif intéressant, on les retrouve seuls avant d'être avec le groupe et adulte avant d'être enfant. Flashback et changement de point de vue intéressant, mais dont la répétition pourra (selon moi) ralentir l'intrigue, au point de rendre la lecture de certains chapitres laborieuse. 

Mais malgré quelques longueurs, Stephen King nous a capturé et on se sent obligé de finir ce roman, parce qu'on ne va quand même pas laisser Bevvie, Ben, Eddie, Richie, Mike, Bill et Stan en suspens comme ça quelque part entre deux pages, si ? 


Même si le livre est long (il est bon), il fait vraiment peur pendant 1638 pages (littéralement 1638 foutues pages). On frissonne, on imagine le pire, on essaye de trouver des réponses à certains mystères, on souffre avec les personnages, on a peur des monstres tapis dans l'ombre, on a peur de la monstruosité humaine : le prochain qui vient me dire que Stephen King est un auteur "facile à lire",  je l'assomme avec Ça (avant de l'obliger à le lire). 

La force du King, c'est aussi sa façon de distiller certains thèmes universels à travers tout son roman pour faire insidieusement réfléchir son lecteur : la place que les adultes donnent aux enfants dans leur société, l'incapacité qu'on a à les protéger, l'image de la femme, le harcèlement scolaire, la discrimination, la force de l'amitié enfantine, la foi, la mort et le deuil, choisir entre le Bien et le Mal, la perte de son imagination (de son pouvoir ?) une fois adulte ou encore l'intensité des expériences qu'il nous reste de notre enfance. Il y a de quoi trouver votre compte, non ? 

Donc si je résume, (pour le fainéant qui n'ont pas lu tout ce qui précède) voici quelques bonnes raisons de vous lancer dès que possible dans Ça : 
- C'est un classique de l'horreur qui fout vraiment les boules pendant vraiment 1638 pages (oui, je suis au courant que j'ai répété 2 fois l'adverbe vraiment - mais ce bouquin fait vraiment vraiment peur) alors avec l'arrivée de Halloween touuuusssa toussaaaaaa ! 
- Si vous aimez le King, Ça est considéré par beaucoup comme "le meilleur" de cet auteur (personnellement, pas mon avis). C'est en tout cas un incontournable de la bibliographie de l'auteur pour en comprendre une certaine récurrence des thèmes et de façons d'instiller l'horreur
- Un Club des ratés terriblement attachant, King nous offre une sacrée qualité niveau casting, chaque petit atome se complétant au mieux pour former un tout puissant et mémorable. 
- Une expérience de lecture éreintante, émouvante et éprouvante. On pleure, on rit, on souffre, on trépigne d'impatience, on retient sa respiration sans faire exprès, on est outrée (personnellement, certaines scènes où les enfants sont très "sexualisés" m'ont bien remuées, au point où je me demande encore l'utilité desdites scènes...), voire choquée, on est dégoûté, apeuré, on crie "oh non mais c'est pas vrai ! Il n'a pas osé faire ça !"... Un véritable ascenseur émotionnel ! 

Finalement, on tourne la dernière page, les derniers mots hantant encore notre esprit, les personnages penchés au-dessus de notre épaule... 

Bon, bon, bon. Avec tout ça, qu'est-ce que je peux lire après ça ? 

Fanny 

5 commentaires:

  1. Ouas, c'est vraiment flippant ton histoire!!! Mais tu m'as quand même donné envie de le lire. Je sais que ma mère l'a, je tenterai peut être l'aventure...Cet été moi aussi j'ai voulu lire un King le Dôme* mais je n'ai pas trop accroché, j'ai arrêté ma lecture. .. je ne sais pas si je la reprendrai! C'est dommage. Mais ça ne m'empêchera pas de lire d'autre roman du King. Merci Fanny pour ton avis très positif ! !

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    1. merci pour ton commentaire ^^
      Souvent je dis aux personnes qui veulent commencer du KING de ne pas commencer forcément par un gros pavé (qui peut être décourageant) et je conseille toujours Cellulaire ou Revival ^^
      Après mon préféré reste 22.11.63 (qui est carrément énorme haha)
      bonnes lectures !!

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  2. Wow ton article est génial !!! Si je ne le commençais pas déjà, tu m'aurais encore plus donner envie de le lire ^^ au moins ça me donne du courage mais j'ai la flippe là, et de ce côté là, tu ne m'as pas rassuré lol

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    1. XDD non, c'est parti pour 1638 pages de "beurk" "argh" "grrr" "omg"
      haha merci tu es adorable :)

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  3. Superbe chronique! Déjà que ce titre me faisait bien envie! x) Merci pour ton avis!

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