vendredi 7 octobre 2016

142. L'effet Miss Peregrine & les enfants particuliers

Il y a de ça quelques temps maintenant, le tome 1 de Miss Peregrine et les enfants particuliers était publié en France. Bien plus épais que son homologue anglais, l'objet livre nous appelait de sa petite voix "regarde-moi ! Je suis trop cool !". 
Il faut bien l'avouer, si Miss Peregrine a pu nous séduire dès sa publication, c'est bien grâce à l'originalité de l'objet livre : un côté vieillot et des photos mystérieuses aux douces couleurs sépia, il n'en fallait pas plus pour piquer notre curiosité. 


Les chroniques tombent une à une, il semblerait que le contenu soit aussi beau que le contenant et les premières rumeurs chuchotées parviennent jusqu'à mes petites oreilles : "c'est très burtionien comme univers, c'est génial".
Moi, quand on me parle de Tim Burton, on me choppe à tous les coups. Alors je me lance dans le tome 1, peut-être avec un peu trop d'attentes et d'espérances. Ce n'est pas un coup de coeur. Pourquoi ça l'est pour tout le monde et pas moi ?`

Intense frustration.

L'intrigue et la première phase très introductive me font dire que Miss Peregrine manque  de rythme. Heureusement pour moi, je m'attache beaucoup aux personnages et aux thèmes du roman. Il faut l'admettre, un roman jeunesse qui aborde si bien le thème de la différence (et par son biais de la discrimination et de l'affirmation de soi) c'est rare et ça n'en est que plus agréable.

Alors forcément, quelques mois plus tard, lorsque le tome 2 est publié, je le commande pour Noël !
Je continue sur ma lancée mais avec beaucoup moins de déception (peut-être parce que j'en attendais moins...) En ouvrant le monde des enfants particuliers vers l'extérieur, hors de leur bulle, l'intrigue gagne en rythme, multipliant les rebondissements et les péripéties qui embarquent le lecteur avec des personnages dont il peut définitivement tomber amoureux.

Miss Peregrine & les enfants particuliers parle à l'enfant qui sommeille en nous, à notre soif d'aventures et à notre besoin d'affirmer sa différence, son unicité. 
Ransom Riggs ne tombe pas dans la facilité d'un objet livre magnifique qui pourrait se suffire à lui-même : chaque photo illustre son histoire, chaque photo apporte une valeur ajoutée et non pas simplement un petit instant décoration pour rendre la lecture moins laborieuse. 

En somme : un beau livre, avec des beaux personnages, un beau message et des erreurs de rythmes corrigées entre le tome 1 et 2. 

Alors forcément, lorsqu'on m'annonce que Tim Burton va s'occuper de l'adaptation cinématographique, je sautille de joie. A l'heure où j'écris le début de cet article, nous sommes jeudi 6 octobre au matin (trop tôt le matin d'ailleurs, pour un de mes jours de congés de la semaine) et je vais voir Miss Peregrine & les enfants particuliers ce soir au cinéma. J'ai peur d'être déçue (bien que je suis déjà folle d'Eva Green en dame protectrice) et que les changements du livre au film me prennent au dépourvu (dans la bande annonce, j'ai déjà pu voir des échanges de pouvoirs entre certains personnages...) Je laisse l'article tel quel, pour recommencer sa rédaction une fois que j'aurais plongé dans la bulle cinématographique temporelle des enfants particuliers...
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Bien, bien, j'ai pu voir le film hier soir, le digérer, méditer et me décider quant aux mots à choisir pour rédiger cette chronique. Point numéro 1 : j'ai beaucoup aimé ce film.
La moindre chose que l'on puisse dire, c'est que Tim Burton nous fait du Burton/Riggs, à savoir qu'il a pu y mettre sa patte tout en respectant l'ambiance délicieuse du roman. Moi qui avait peur que Burton parte dans un délire à la Alice aux pays des merveilles, me voilà rassurée. Les couleurs, les décors extérieurs, les costumes, le choix des acteurs : on voit le livre s'éveiller devant nos petits yeux ébahis, quitte à oublier parfois que Burton est aux manettes (pour certains, ce sera un défaut, mais pas pour moi).


Le film respecte en tout point l'ambiance du livre : n'ayez pas peur de vous retrouver avec un film de super-héros, Tim Burton parvient à montrer comment chaque don peut-être une malédiction. Il se concentre sur les vrais actes de bravoure de ses personnages, sans sensationnalisme, plutôt à coup de trucs et astuces et du profond sentiment de solidarité qui habite le groupe

Le premier tiers (introductif) du film est très respectueux du roman. Cependant, alors que s'amorce la rencontre avec les enfants particuliers, les choses changent. Emma ne contrôle pas le feu mais l'air (mais en même temps elle ne peut pas s'empêcher de flotter sans ses chaussures, bizarre, incohérent, choisissez votre adjectif !) et le pouvoir du feu revient donc à Olive.

A côté de cela, des changements dans le déroulement même de l'intrigue ont lieu, qui donnent plus de rythme au film et en même temps pas assez d'explications sur l'univers. J'ai pu voir dans certaines critiques du film un "manque de cohérence". En fait, les informations sur les boucles temporelles et surtout sur les ennemis des enfants particuliers sont tellement expéditives que chaque péripéties manquent de liens. 
Ainsi, plusieurs changements par rapport aux livres qui apparaissaient "petits" au départ, s'accumulent et créent des zones de flous, d'incohérence, puisque Ransom Riggs avait justement pu travailler la beauté des petits détails dans son univers.

Je m'inquiète un peu pour l'évolution du deuxième film, tout simplement parce que la toute fin est marquée par deux gros (giga gros) changements par rapport au livre. Genre gros, les changements. Gros genre inquiétants.

Comme je suis du genre à me concentrer sur le positif, je dirais donc simplement que je suis contente d'avoir vu la magie opérer sur grand écran avec des décors somptueux, une colorisation parfaite pour l'univers, un casting charismatique et une bande-son envoûtante. A côté de ça, je déplore cependant quelques changements narratifs qui ne convaincront pas le spectateur autant que la lectrice que je suis a pu l'être avec le bouquin.

Il ne me reste plus qu'à me plonger dans le tome 3 de Miss Peregrine et les enfants particuliers qui m'attend bien sagement dans ma bibliothèque depuis mon anniversaire. Mon imagination ne manquera pas de rentre tout ça réelle, même sans l'aide de Monsieur Tim Burton. 

Fanny 

4 commentaires:

  1. J'ai adoré le livre, j'espère donc avoir le temps d'aller le voir au ciné un des ces jours!

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  2. J'étais très enthousiaste à l'idée de la sortie du film mais maintenant qu'il est à l'affiche, je suis sceptique. Il parait qu'il intègre déjà des éléments du tome 3 tu sais si c'est vrai? Parce que comme toi, je ne l'ai pas encore lu.
    Sinon, ton article était vraiment interessant à lire:) bisous

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    1. je n'ai toujours pas lu le T3 et en voyant le film j'ai noté des différences du livre au film mais sans avoir l'impression de me faire "spoiler" après c'est tout à fait possible que ce soit en fait le cas, que ce que je prenne pour des différences scénaristiques soient en fait des éléments du T3.. (je sais pas trop si je suis claire XD)
      merciii pour ton gentil commentaire <3

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